08/05/2011

Point de vente

Le second numéro est disponible chez les distros suivantes :

13 - Crapoulet Records : http://crapoulet.fr/

33 - Divergence distro : http://divergencedistro.blogspot.com/

54 et 88 - Sucette distro : http://www.kanalhysterik.propagande.org/distro.htm

58 - Kawaïirecords : http://kawaiirecords.com

65 - A l'ombre de cette vie / Skram zine : http://www.myspace.com/skramzine

 

Si vous souhaitez le distribuer, n'hésitez à me contacter. Les échanges sont bienvenus !

Vous pouvez également vous procurer les deux premiers numéros via Ligne 7.

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Contact

Pour toute question, commande, échange, discussion, cadeau (si, si !); etc. :

ligne7 [at] no-log.org (remplacez l[at] par @ et retirez les espaces, mesure antispam !)

24/03/2011

Ligne 7 # 1 et 2

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Après 3 années de retard, le second numéro de Ligne 7 sort  en mars 2011 avec au sommaire une longue interview de David (Mononoké zine, Kawaïï records, etc.), deux textes : "Le mouvement de la libération animale" et "Ce qu'il y a de politique dans la contrainte à l'hétérosexualité" ainsi que des chroniques et des contacts.

Il fait 28 pages A5 et est disponible contre un échange ou à prix libre (dont 0.95 euro de frais de port pour la France. Désolée, la Poste ne pratique pas le prix libre !).

Vous pouvez aussi le découvrir en intégralité via le pdf : Ligne 7 numéro 2.pdf

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Le 1er numéro est une une newsletter de 4 pages A4 qui contient une interview de la Pétroleuse (vpc subversive de livres, zines, revues, badges, etc), quelques petits textes et des chroniques de livres et films. Disponible contre un timbre ou gratuitement si commandée avec le second numéro. Le pdf est ici : ligne 7 numéro 1 +.pdf

Pour tout contact : ligne7 [at] no-log.org

26/04/2009

xDavidx de Mononoke zine/Kawaïi Records

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Longues réponses de David pour cette interview et je le remercie de s'y être autant appliqué (et impliqué).

David se présente très bien lui-même aussi, nul besoin de le faire à sa place... alors on y va !

 

David, peux-tu te présenter ainsi que tes activités ? Comment as-tu découvert le punk ? Et le DIY ?

Salut Mistinguett ! Ca me fait plaisir de répondre à tes questions ! Je vais me régaler là. Donc je m'appelle David, 32 années au compteur, et je vis dans la fameuse mégalopole Chatillon en Bazois ! Une petite ville (ou plutôt un gros village !) de la Nièvre, au porte du Morvan. Je m'occupe du label (et sa distro qui va avec) Kawaii records, et j'écris également le zine Mononoke, ainsi que la newsletter Sin Fronteras Ni Banderas, qui contient que des chroniques zik.

J'ai découvert le punk vers 1993/95. J'étais bien branché hardos à l'époque ! Un gros fan de MOTLEY CRUE, IRON MAIDEN, EXODUS, ANTHRAX, SKID ROW, WASP... (hé bé, nous avons les mêmes références ! Note de Nathalie)  Au fur et à mesure, j'ai commencé à m'intéresser à des groupes plus conscients, plus authentiques. Les trucs fusion, les groupes plus indépendants, l'indus, via notamment le magazine Rage... Mes premiers groupes punks, c'est les BERUS, OFFSPRING, GREEN DAY... Mais le vrai déclic, une annonce parue dans Hard Rock Magazine, où j'ai découvert le fameux zine Earquake, et sa  compile K7. La découverte du DIY c'est donc fait au même moment en fin de compte. Et dès le départ, j'ai vraiment cherché à en savoir plus, et à écouter le maximum de genres punk possible. C'est comme ça que tu te retrouves avec des mix-tapes compilant NOFX, GORILLA BISCUIT, HUSKER DU, MISFITS, ELECTRO HIPPIES, VANILLA MUFFINS, HEYOKA... J'ai donc rapidement fouillé la branche plus DIY, avec entre autres SQUAWK zine, la distro PUNK AS FUCK (où la commande de K7 anarkopunk m'a valu une petite brouille avec les autorités militaires, pendant mon service !), TAM 89 rds, divers démo de groupe skate-core mélodique... Et 15 ans après, je suis toujours là, plus avide que jamais en matières de distorsions !

 

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Kawaïï records (distro et label) contient de nombreux disques en provenance des pays de l'Europe de l'Est, d'Asie, d'Amérique latine, qu'est-ce qui t'a poussé à distribuer des groupes de là-bas ? Comment as-tu trouvé les contacts ? Ne trouves-tu pas bizarre qu'autant de punks ne s'intéressent qu'aux groupes des pays de l'Europe de l'Ouest et des Etats-Unis ? N'y-a-t-il pas une unité de conformité de la part de personnes qui se veulent contestataires et avec un minimum de remises en question ?

Je suis curieux, c'est tout ! Le tout premier 7" que j'ai commandé (et je n'avais pas de platine !) était la compile Trafic Jam, avec des groupes punk/HC/thrash de Thaïlande, sur TAM89 rds ! Et moi j'ai trouvé ça incroyable de voir qu'il y avait ces genres de groupes là-bas! Luk avait aussi joins sa liste de distro, avec des skeuds de pays encore plus incroyables. Moi ça m'a fasciné, et je n'ai pas mis longtemps à en vouloir encore plus ! Si je me suis lancé là dedans, c'est tout simplement parce qu'il y avait très peu de distro avec des groupes d'Asie, ou d'Amérique du Sud. J'avais vraiment envie que d'autres personnes découvrent toutes ces scènes isolées. Et comme (hormis chez TAM 89 rds, DARBOUKA et quelques autres), il était plutôt difficile de trouver ce genre de disques par chez nous, j'ai tout simplement décidé de me lancer dans cette voie. Après tout, on n'est jamais mieux servi que par soi-même hein ! Alors quitte à faire une distro/label (de plus !), autant essayer de diversifier les localités. Et comme je le répète souvent, mon but est d'aider à la découverte. Essayer d'attiser la curiosité et d'ouvrir les esprits. Car comme tu le dis si bien, la grosse majorité ne cherche pas plus loin que les States ou l'Europe. Conformité peut être, conditionnement sûrement. Car zines, labels, distro ne se focalisent que sur certains groupes, venant de certains endroits. Quasiment personnes pour donner une chance à des punks de Pologne ou de Roumanie. La "promotion" des groupes "exotiques" est plus que faiblarde. Quelque part, cette scène est invisible, voir niée. Je pense justement que c'est ce silence sur ces groupes qui créé ce conditionnement. Si les zines en parlaient plus, peut être que des distros seraient intéressées pour en distribuer, et que des labels pourraient les produire. Il serait alors possible de tisser des liens, de créer une dynamique, afin d'aider ces groupes à jouer par ici. Et avec un peu de chance (et de volonté), "le public serait plus demandeur", serait plus curieux. Comme dirait un jeune cadre dynamique, l'offre existe, à nous de créer la demande, hahaha ! Toujours en matière de conformité, il est aberrant de voir que n'importe quels groupes ricains complètement inconnus attirent du monde ! A croire qu'être ricain est gage de qualité. Et qu'on ne vienne pas me dire que les groupes du Tiers-monde jouent mal, ou que leur son est pourri ! Déjà c'est faux, et puis surtout faut pas oublier que les conditions de vies ne sont pas les mêmes ! Avant de foutres des centaines d'euros dans un studio, les keupons du Chili pensent plutôt à survivre dans leur quotidien. Et puis le punk hardcore, ce n'est pas une histoire de gros son tout propre, dont la majorité des groupes sont incapables de reproduire dans une petite salle ! Bref, je reste persuadé qu'on peut tous faire avancer les choses dans le bon sens, et qu'il reste des gens curieux et enthousiastes. Dédicace à Olivier Crapoulet rds qui fait aussi du bon boulot.

Sinon pour les contacts, au tout départ, c'est via les flyers (qui étaient plus nombreux à l'époque), et dans quelques zines. Et puis avec Internet, il assez facile de faire ça, en fouinant de liens en liens, et aussi avec Myfesse.

 

Tu disais dans une interview que certains labels ne voulaient pas échanger leurs productions contre des disques de groupes de pays « exotiques » car ils avaient peur de ne pas les vendre. Justement n'est-ce pas le rôle des labels et distributions DIY de soutenir des groupes moins connus pour les faire découvrir ?

Ben ouais, je pensais naïvement que ça devait se passer de cette manière ! Mais apparemment nan ! D'ailleurs ça ne concerne pas que les groupes "exotiques", mais tout simplement les groupes inconnus ! Mais bon, faut pas généraliser non plus. Ca concerne souvent les mêmes labels, généralement qui tournent autour du hardcore. Des labels pour qui le diy n'est pas forcément une priorité, même si certains se réclament comme tel. Et se sont les mêmes qui seront les premiers à te proposer leurs prods en prix de gros. Et même là, entre le 7" à 3€ et les LP à 7,50€, moi j'appelle pas ça du wholesale ! Y'a même un gars qui m'a dit que la norme des distro c'était 4€ le EP, et 10 le LP, fallait s'aligner, point à la ligne ! Whaou, belle mentalité hein ! On est vraiment dans une logique commerciale. On prend que ce qui est rentable, que ce qui est potentionnellement vendable. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec des labels et distros qui vendent tous les mêmes groupes, qui proposent tous les mêmes styles. Et au final, ils imposent une certaine image du hardcore, un certain son. Ca tue la découverte et la curiosité. Les kids savent ce qu'ils veulent, et non plus envie de voir autre chose. Alors forcément, lorsque tu proposes un groupe crust du Pérou qui se débrouille avec ses peu de moyens, ben ça ne le fait pas pour ces labels. Si au contraire, les distros prenaient plus de petits groupes du bout de monde, ça donnerait peut être envie aux gens d'en savoir plus, de les soutenir. Ca montrerait qu'il existe autre chose. Je  comprends très bien que c'est chiant de se retrouver avec des tonnes de disques qui ne partent pas, mais c'est aussi à nous "d'éduquer les plus jeunes et nouveaux venus". Surtout que je suis persuadé qu'il y a des gens qui sont curieux d'écouter du punk de Chine ou du hardcore de Colombie. Je le vois dans mes commandes, dans les commentaires des gens. Après c'est vrai que la tune manque, et surtout qu'il y a tellement de groupe dis punk hardcore. Mais quand je vois des kids retissant à mettre 4/5€ dans du HC nippon, mais qui claque sans scrupules 15€ dans un t-shirt COMEBACK KID... ça me gonfle un peu. Faut aussi dire que le punk HC a bien changé depuis une dizaine d'années. Il y a une réelle rupture avec la branche plus diy. Car dans cette branche, aucun problème pour échanger, quelques soit le style, provenance ou support (quoique là, certains ne veulent plus de CD !)... Je pense aux gens de MALOKA, CRAPOLET, STONEHENGE, EMERGENCE, LUSTUCRUST, et, heureusement, pleins d'autres. On se soutient mutuellement !

 

Ton label va sortir (ou sera sorti lorsque vous lirez ces lignes) le CD du groupe algérien Demokhratia. Il est très très rare d'entendre parler de groupes hard-core/punk d'Afrique (hormis du Sud). Comment es-tu rentré en contact avec les membres du groupe ? Peux-tu nous parler de ce groupe ?

Oui, aux toutes dernières nouvelles, ça devrait se faire vers Février (2009, note de Nathalie)... Peut être, hein ! En fait, j'ai découvert DEMOKHRATIA par hasard, sur le myfesse de Luk TAM89 rds. Je n'en avais jamais entendu parler. Autant dire que la culture punk est très rare en Algérie. Je connaissais vaguement RACASS, musicalement metal, mais avec une démarche punk... C'était dans les 90's je crois. Donc, je n'ai pas mis longtemps à écouter DEMOKHRATIA, et p'tain, musicalement ça envoyait !! Total fastcore ala MIGRA VIOLENTAS, LOS CRUDOS ! Bref, tout pour me plaire ! J'ai contacté le groupe dans la foulé, et le contact s'est bien passé. Le gars cause français. Je lui ai donc dit que ça me plairait bien de faire un truc avec eux. Et c'est là qu'il m'a dit qu'un skeud était en préparation, sur un label du Japon, Akashic rds ! Donc, je l'ai mailé aussi, et je me suis collé sur le coup ! Y'a plus qu'a être patient ! D'autres labels devraient aider. Je sais aussi qu'un 7" est prévu avec Darbouka / TAM89 rds. Mais comme tu l'as dis, il est très rare d'écouter du punk venant du continent Africain. Y'a une scène (très américainHCorisé en Afrique du Sud), mais pour le reste, pas grand-chose. Y'a surement des punks au niveau individus, mais peut être pas entant que groupe. Mais va savoir. Pendant un moment, il y avait un groupe punk melo au Kenya !! Toujours avec myfesse, j'ai découvert des groupes punk (ou du moins qui jouaient du punk, tendance souvent melo ou emo), en Egypte, et aux Emirats Arabes. Les gars de DEMOKHRATIA m'ont parlé d'un punk au Maroc, que je n'ai toujours pas contacté. Par contre, et spécialement dans les pays du Maghreb, y'a beaucoup de groupes metal extrême ! Est-ce une opposition à l'Islam, je ne sais pas. Y'a aussi des bons groupes en Israël et Turquie par contre. Bon, c'est en Asie, mais j'aimerais bien trouver des groupes en Inde ou au Vietnam, mais nada pour l'instant !

 

 

kawaiilogo.pngLa particularité de Kawaïï et de Mononoké, en plus d'avoir des groupes provenant de tous les continents, est d'avoir un large choix musical, avec du punk, Hard-core, émo, fastcore, old et newschool, métal, crust, screamo, hip hop conscient, etc. Est-ce que cela représente tes goûts musicaux ? Est-ce un choix pour contrer le sectarisme habituel (je n'aime pas tel style de musique donc c'est nul) ?

Yes, cette diversité me tient vraiment à cœur, même si comme tout, j'ai des préférences pour un style, par rapport à un autre. Après, je ne sais pas si c'est vraiment pour contrer ce sectarisme ambiant. Je tiens réellement à faire découvrir pleins de trucs sympa, mais si les gens se bornent à un seul style, et ben dommage pour eux. La scène punk est très diversifiée et riche, ça serait vraiment con de louper tout ça ! Y'a pas que le youthXcrew à Nike, ou le D-beat à clou ! En fait, c'est très représentatif de ma personnalité. J'ai toujours été ouvert et curieux. Toujours voulu écouté pleins de styles punk (et pas punk !) différents. Chaque genre propose son lot d'émotions et de sonorités différentes. Même pendant mon époque hardos, je pouvais enchainer sans problème des K7 de SEPULTURA et BON JOVI, ou encore SAXON et NO ONE IS INNOCENT! Ca n'a jamais été un blème pour moi. N'est-on pas toujours à scander que le punk c'est plus que de la musique ? Que c'est avant tout la démarche diy qui compte ? Apparemment, c'est du vent, comme pleins d'autres choses ! Après, avec Kawaii, je suis un minimum sélectif tout de même! Pas trop envie de faire des trucs typé NYHC ou Oï, par exemple. Ni trop metal, sauf si le groupe se nomme KRAP NEK J, ni trop grindcore, sauf si le groupe se nomme KRAP NEK :-) Ce groupe est diabolique, j'adore trop leur nouvelle K7 !! Idem avec le hardcore trop mélo ou emo... Non pas que je n'apprécie pas, mais ce n'est pas les genres qu'on vient chercher chez moi. D'autres se débrouillent mieux que moi, avec ces styles. Mais je peux toujours en prendre en distro bien sûr. Avec MONONOKE, je brasse beaucoup plus large, et ne suis pas trop regardant sur la zik. C'est le groupe qui compte, son discourt, sa démarche, le feeling, mon envie d'en savoir plus... Donc rien d'étonnant à y côtoyer THE GEEKS, HK, PRINCESS ANIES ou FFYM ! Et pour les chroniques, c'est pire, même si faute de place ou de temps, je laisse la priorité à ce que j'aime.

 

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Photo de Krapnek prise par xDavidx !

 

Quelles sont les différentes étapes  pour produire un disque ? (critère du groupe, argent, pressage, choix de l'entreprise, pochettes, etc.) En gros, comment ça se déroule entre le moment où tu es OK et le moment où le disque sort ?

Alors pour les critères, il faut tout de même que j'apprécie un minimum la zik ! Le genre en lui-même n'est pas la priorité absolue, même si je privilégie les trucs rapides et directs. Je pense surtout que le relationnel est très important. On est d'accord que lorsque cela se passe par mail, ce n'est pas terrible, mais bon, pas forcément le choix. Il y aura donc forcément des échanges de mails, histoires de se connaitre un minimum, de savoir comment fonctionne le groupe, sa vision du truc, sa démarche... Pour les textes, bah, tant que y'a pas des idées de merdes, de l'ambigüité ou trop d'opposions avec ma vision des choses, je ne juge pas là-dessus. Donc suivant les groupes, ça sera politisé, social, fun ou perso. Voilà pour les critères. Si le feeling est bon, et que j'ai les thunes, alors je peux participer. Mais vu que maintenant c'est surtout de la coprod, ce n'est pas forcément moi qui gère le plus de trucs. Parfois tu te contentes "juste" de filer des thunes. Mais bon, rien ne m'empêche de t'expliquer le déroulement du bazar, hein ! Donc une fois que le groupe et le label sont ok, la machine se met en route. En général, le groupe se charge des frais d'enregistrements, studio, mixage, mastering, sauf s'il ne peut réellement pas se les payer... Pour "compenser", on donnera entre 10 et 20% des skeuds au groupe. C'est la moindre des choses, nan ? De son coté, le label se charge donc du pressage (souvent 500 ou 1000 exemplaires, pour un cout variant entre 600 et 1000€), et de la distribution. Une fois récupéré la thune (si y'a plusieurs labels), il envoie donc le CD master (et l'autorisation de la SDRM) à la boite de pressage (ou duplication pour les CDR, petite quantité), qui se charge de fabriquer les galettes, et de les livrer au label principal. Après faut dispatcher entre tout le monde, avec pleins de frais de port à la clé ! Sauf si meilleurs plans, l'impression du livret se fait au même moment, par la boite de pressage. Pour le choix de la pochette, ben ça dépend. Parfois le groupe a déjà un truc à proposer, de même que le label. Sinon, on demande à des amis, ou à des designers. On envoie une esquisse au groupe, et si c'est ok, on valide. Le designer ou le gars du label, peut se charger de la mise en page du livret. Pour le choix de la boite de pressage, bah, on demande conseil aux collègues, on fouine sur le web, on compare les tarifs. En général, ça se vaut. Après le courant passe mieux avec certains que d'autres. Ensuite, y'a plus qu'à faire un peu de promo, des flyers, mass-mail, poster l'info sur des forums, envoyer quelques exemplaires à des zines... Et puis hop, on recommence ! Je pense avoir résumé le plus gros du truc.

 

La plus part de tes productions sont en co-production. Je suppose que cela permet de diminuer les frais et d'écouler plus facilement le stock, non ? Quels autres avantages y vois-tu ?

Oui, quasiment de la coproduction, sauf pour quelques demo, et encore. Alors bien sûr, si tu te mets à 7/8 labels, tu diminues forcément l'investissement. Et ton stock est beaucoup moins important, de l'ordre de 50 à 150 exemplaires en général. Les autres avantages, c'est surtout que ça permet de faire connaitre (la découverte est un peu le but de Kawaii) les groupes dans plusieurs endroits du monde, et c'est génial ça ! Un petit groupe nippon pourra être distribué (en petite quantité, certes) au Pérou, Nouvelle Zélande, France ou Grèce en même temps. Et ça permet donc d'avoir pleins de contacts un peu partout. L'idée du split BACKSIGHT / KIDS ON THE MOVE (géré par Eternalis rds) m'a beaucoup plu par cet échange de groupes, entre deux continents, et donc culture, différente. Ca créé des liens forts. Une véritable dynamique solidaire et amicale. D'ailleurs, quelques temps après, y'a SECOND COMBAT (aussi de Malaisie), qui est venu tourner en Europe, en compagnie de BACKSIGHT. Et je me dis quelque part, que cette coprod n'y ait pas étrangère. En ce moment, y'a toute une petite clique de labels cool, qui se retrouvent souvent sur des mêmes projets. Des trucs comme Crapoulet, El  Paso, Solidaritad DIY rds... Ca permet aussi de travailler en équipe, suivant les disponibilités de chacun. Tout le monde peut apporter des idées ou de l'aide, pour le graphisme, la promo, les flyers, divers plans de pressages... Y'a que du bon en fait, sauf qu'en contrepartie, certaines productions sont vite épuisés... Mais bon, y'a toujours moyen de les chopper chez les copains et copines, ou sur le web.

 

Il y a quelque temps tu me disais que tu allais mettre en veilleuse le label et voilà qu'il est sacrément réparti. C'est parce que les affaires marchent mieux ? :-) Ou alors...

Ben ouais, même lorsque la bourse se casse la gueule, Kawaii reste en tête du marché !! Donc, c'est vrai que j'avais dis (à plusieurs reprises) que je voulais lever un peu le pied, pour principalement consacrer plus de temps au zine. Mais en fin de compte, les sorties du label s'accélèrent de plus en plus ! Serais-je pris dans un cercle vicieux, m'obligeant à sortir des skeuds, afin de rembourser les prods précédentes ?? Je me pose la question là ! Nan, je ne sais pas trop en fait... Ces derniers temps, j'ai été pas mal sollicité pour participer à divers skeuds, et je n'ai pas su dire non ! En même temps, c'est que de la coprod, donc les stocks partent assez vite. Hey, c'est peut être aussi parce que tout est vite soldout, que je me dépêche de sortir d'autres truc, histoire d'avoir toujours une nouveauté à proposer !?! Bon, je me pose pas trop la question, ça roule très bien comme ça, alors continuons, et verrai bien ça au fur et à mesure ! Par contre, oui, j'ai eu pas mal de commandes cette année (2008), avec notamment un mois de décembre merveilleux (+ de 20 commandes), et pleins de bons retours et commentaires. C'est forcément encourageant ! Mais je t'avouerai que j'aimerais vraiment sortir le zine plus souvent, mais le temps me manque.

 

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Dans les premiers numéros de Mononoke, on a pu remarquer que tu aimais les mangas. En es-tu un gros consommateur ? Quels sont tes préférés ? Lis-tu d'autres styles de bd ? As-tu quelques titres de mangas à caractère politique à conseiller ?

Oui, et dans les derniers aussi, hein ! Je lis pas mal de mangas en effet, et me tiens plus ou moins au courant des sorties. Après, ce secteur est tellement saturé, qu'il faut forcément faire un choix. Sans compter que la majorité se prolonge en de nombreux volumes, avec des tarifs allant de 6 à 8€ en moyenne. Donc pas moyen de tout lire, ni le temps, et encore moins l'envie ! Je me focalise sur ceux qui me plaisent réellement. Je fonctionne par vague, genre tous les trimestres, je m'en procure quelques-uns, ou en choppe chez les amis. Il y a moyen aussi de télécharger des mangas sur le web, mais je n'aime pas trop lire sur un écran. Je n'ai pas spécialement de préférences pour les genres, mais j'aime bien les trucs plutôt adultes et sérieux, emprunt d'une certaines réalité. Ou alors des trucs plus SF, cyberpunk ou post-apocalyptique. Et je ne refuse jamais un shojo (manga pour gamine) bien sucré et joyeux ! Ceux que je retiens le plus sont GUNNM (mon tout premier), AKIRA, MONSTER (thriller incroyable), AZUMANGA DAIOH (trop posi !), NAUSICAA (par le créateur de MONONOKE HIME), MARMELADE BOY (le logo de Kawaii vient d'ici), LOVE HINA (du bonheur et du rire), LE GARCON DU TRAIN (plutôt niai, mais agréable à lire), SEIZON LIFE (excellent polar/enquête), GUNSMITH CATS (de l'action, des gros flingues et deux chasseuses de primes survoltées !), DRAGON HEAD, SURVIVANT (géant !!) et pleins d'autres... Pour ceux à caractères politiques, ou plutôt ancré dans une certaine réalité sociale, ou historique, je citerais volontiers: MOURIR POUR LE JAPON (GEN D'HIROSHIMA), sorte d'autobiographie d'un garçon pendant le lâché de la bombe atomique. Très fort émotionnellement, et très critique sur la politique japonaise et son patriotisme prononcé. EAGLE est lui très politique (au sens politicien du terme), et narre les élections présidentielles aux Etats Unis, d'un sénateur ayant des origines asiatiques. Par rapport aux récentes élections US, y'a des éléments très troublants. LES FILS DE LA TERRE est aussi très intéressant, sur l'aspect de l'agriculture au Japon, la production locale... SAY HELLO TO BLACK JACK qui nous décrit le milieu hospitalier, où le sens de la rentabilité prime avant tout. Voilà quelques exemples à lire.

Je ne lis plus de comics. Beaucoup plus jeune, j'ai dévoré les bouquins de super-héros de mon oncle, comme MARVEL, STRANGE, NOVA, SPIDERMAN... Mais ça ne me parle absolument plus. Surtout les comics actuels, avec ses graphismes tape à l'œil. Et puis les séries qui s'éternisent sur 50 numéros, non merci ! Coté BD, j'en possède quelques-unes (LANFEUST, MARLYSA, CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRES, RAPACES...), mais ça fait un baille que j'en n'ai pas achetées. Faut dire que ça reste un (bel) objet assez cher. Par contre, ouais, j'en ai lu pleins, via la biblio, avec une préférence pour l'heroic-fantasy, ou même les classiques de la bédé franco-belge, TINTIN, ASTERIX, GASTON, GARFIELD...

Je ne connais pas grand-chose à la bédé indépendante.

 

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Tu as l'air fan du Japon. Pourquoi es-tu attiré par ce pays ? Pas par la politique du pays, je suppose !  Y as-tu des projets de voyages ?

Mais comment tu sais tout ça, toi ?? Donc ouais, même si je me suis calmé, j'ai une certaine attirance pour le Japon. C'est sans contestes lié à ma passion pour le manga, la japanime et le ciné asiatique. D'ailleurs les divers magazines liés à ces sujets, abordent souvent le Japon sous d'autres aspects. Mais ce n'est pas évident de dire pourquoi ! Je ne suis même pas certain de le savoir moi-même ! On est d'accord que ce n'est pas pour sa politique, son nationalisme, son culte du travail et de l'entreprise ou sa pression à faire rentrer les gens dans le rang. Le clou qui dépasse doit être frappé, est un proverbe qui résume bien cet esprit. Nan, je pense plutôt que c'est ce choc des cultures, cette dualité entre tradition et technologie. L'impression d'un monde complètement à part, et un peu superficiel. Le culte des gadgets inutiles, ou des cérémonies d'un passé révolue. Le coté parc d'attraction grandeur nature. La beauté des paysages, et des nippones, avouons-le ! L'attrait des bizarreries qui sont plus que banales là-bas, comme des chiottes de malades (chauffants, lumineux ou avec des ports USB pour brancher ton MP3 !!), des distributeurs de boissons (ou autres !) en pleines cambrousses... Des yakuzas, des samouraïs, la Jpop, Kitano, des cosplays, des modes délirantes, des geishas, des beaux kimonos, des forêts de bambous, des beignets de poulpes (bleurghhhh), des katana, des jeux télévisés débiles et hilarants... Enfin bref, c'est tous ces trucs (et conneries) qui me plaisent bien ! J'ai un regard disons amusé, car il y aurait sûrement beaucoup à redire. Et bien sûr, qu'à moyen terme, ce pays fait partie de mes destinations prioritaires. Après, va savoir si une fois sur place, je serais si enthousiasme... J'aimerais bien aussi aller en Corée du Sud, Australie, Norvège, Ecosse... Faut juste trouver du temps et de la thune !

 

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Quelques mots (ou lignes !) pour ta passion pour le cinéma et ton blog qui lui est consacré ? Tes films préférés ? Styles ?

Ok. J'ai toujours été plus ou moins passionné par le cinéma, et plus particulièrement horrifique ou fantastique. Etant gamin, je me rappel avoir dévoré des magazines comme Vendredi 13 ou encore Toxic. Et les films de La 5, dans la thématique Les Accords Du Diable, m'ont bien marqué. Ensuite, j'ai peu à peu laissé tomber, au profit du hard-rock ! En fait, j'ai repris goût au ciné depuis l'avènement du DVD, et pendant "l'explosion médiatique" du ciné d'Asiatique. Et je dois dire, que grâce au téléchargement (des giga de divx), je me suis vraiment remis dedans, découvrant pleins de nouveautés, ou vieux films cultes. Après, je ne suis pas l'expert qui va te ressortir la filmographie de tel acteur, ou la réplique de tel film ! J'aime regarder des films, point ! Et depuis, j'ai surtout appris à apprécier d'autres genres que la bidoche ou l'extermination d'ados débiles ! Jason je t'adore, hahaha ! J'avoue que j'ai une préférence pour les films un peu dur et glauque, proche d'une certaine réalité (les survival par exemple), les films pleins de tension, et qui te crispent à mort !! Mais je peux me passer sans problèmes des polars, des westerns, des wu xia pian, des vieux nanars, de la SF des années 50's, des films avec des animaux qui attaquent, pas mal de films de guerre en ce moment, du gore bien fauché, des films noirs, de l'animation... enfin pleins de trucs, et même des gros blockbusters US ! Alors encore merci à la mule et aux sites de warez !!! Définir mes films favoris risque d'être dur, mais citons : MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE, THE DESCENT, LES 14 AMAZONES, BATTLE ROYALE, THE KILLER, ELECTION, WOLFCREEK, LES CHIENS DE PAILLE, THE BLADE, LA TRILOGIE SAMOURAÏS, CALVAIRE, CURE, LES OISEAUX, AVALON, GHOST IN THE SHELL, MONONOKE HIME, LES DENTS DE LA MER, DUEL, FUNNY GAME, LA COLLINE A DES YEUX, VIOLENT COP, LE SYNDICAT DU CRIME, MAD MAX, VENDREDI 13, OLD BOY, MISERY, LES 7 SAMOURAIS, MON NOM EST PERSONNE, LA FORTERESSE CACHE... et des tonnes encore ! Et pour le web, alors à la base, j'avais prévu de mettre des chroniques films en ligne. J'ai donc opté pour un blog. Mais au final, ça ne me convient pas trop, alors je préfère faire un site web. Mais pour l'instant, c'est toujours au point mort ! Y'a juste une page d'accueil, qui renvoie sur le précédent blog ! Et dessus, les diverses chroniques films que j'avais publiées dans un anciens numéro de Mononoke ! Ca va bien se faire un jour ! J'ai d'ailleurs commencé certaines chroniques. Faut aussi que j'apprenne à les raccourcir un peu, mettre moins de blabla, sinon, dans 100 ans j'y serais encore ! Voilà tout de même l'adresse du site, notez ça dans un coin ! http://eigapassion.kawaiirecords.com/

 

Dans ce même numéro se trouve une interview d'ACTA (au final, c'est râté...) un collectif bordelais pour les droits des animaux et contre le spécisme. Quel est ton avis sur la façon dont les humains traitent les animaux ?

Ben voyant déjà comment les humains se traitent entre-deux, je ne suis pas plus étonné que ça dans leurs rapports avec les animaux ! Le système capitaliste (entre-autre) a réussi à transformer chaque formes de vies (humaines ou non) en simple marchandises. Je pense que pour la majorité des gens, les animaux existent pour servir les humains. Une simple ressource de nutrition, ou un simple jouet pour divertir ou tenir compagnie. On bouffe un steak comme on bouffe un concombre. Rien ne diffère. Voire au contraire, on aura tendance à valoriser la viande. On refuse  de voir (ou on s'en tape) la violence et la mort qu'il y a derrière chaque petit plat sous cellophane. On s'offusque des chiens maltraités par les méchants trafiquants de l'Est (ce n'est pas moi qui dis que c'est des méchants, hein !!), mais on trouve normal d'abattre des bovins à la chaine... On dit non à la fourrure, mais oui au cuir... on est choqué par la vivisection, mais enfin bon, si c'est pour sauver des humains, ce n'est pas pareil... On vit dans la contradiction et le non-sens en permanence. Mais je pense que tu connais mieux ce sujet que moi, hein ! Après pour changer la donne, pfff, chaud là ! Comme pour tous les problèmes de nos sociétés, il faut encore et encore informer et éduquer les gens. Même si ça ne fait pas tout, car il faut vouloir changer soi-même. Encore une fois, c'est une remise en question permanente qui est nécessaire. Il faut tout remettre en cause, tout ce que l'on a appris, tout ce que l'on nous impose. Pour le spécisme, je ne maitrise pas vraiment le sujet. Attention, je ne dis pas qu'il y a des luttes plus importantes ! Au contraire, et je pense qu'elles sont toutes plus ou moins liées entre-elles. Juste qu'on ne peut pas être sur tous les fronts à la fois. J'essais donc de m'informer, et diffuser l'info... qui vient de chez toi parfois ! Chacun peut commencer par des petits gestes pour améliorer les choses. Manger moins de viandes déjà. Etre vegan. Occuper le terrain des chasseurs. Jeter des pierres à coté des pécheurs. Boycotter les marques qui testent leurs produits sur des animaux... Désolé, je ne sais pas trop quoi dire d'autre ! Une chose est sur, si le rapport humains/animaux était plus sains et respectueux, alors je pense que les rapports entre humains en seraient grandement changés.

 

Tu es straight edge, un choix de vie souvent ridiculisé. Pour toi, qu'est-ce qu'être SxE ? Il existe un courant SxE, les hardlines, des ultra naturalistes homophobes et - entre autres - contre le fait que les femmes ait la possibilité d'avorter, bref une dérive sectaire, comme il en existe bien d'autres. N'as-tu pas peur de l'amalgame ?

C'est vrai que le sXe est souvent ridiculisé, à tord et à raison, aussi ! Entre le sXe sportif, et le punk déchiré, chacun défend sa chapelle, et crache sur celui qui ne lui ressemble pas. Comme dans la société en générale. Ce qui est différent effraie. Celui qui sort de la norme est un pestiféré. Certains se défoncent pour faire rebelles, pour coller à une image punk, et d'autre sont sXe pour être rebelles parmi les rebelles, et coller à une image hardcore, hahaha. Les clichés, y'a que ça de vrais dans la vie ! Comme pour le punk, chacun à sa vision du sXe. Moi je dirais que c'est un beau bras d'honneur face à certaines traditions ancestrales. Et encore plus dans la vie de tous les jours. Refuser de boire un apéro, ou une petite mousse après le taf, passe pour une hérésie !! Etre sXe c'est aussi vouloir garder le contrôle de soit, quoi qu'il arrive. Garder les idées cleans. C'est aussi rester connecter à la réalité, affronter les problèmes, et ne pas chercher d'échappatoire dans la bouteille ou autre. Ca peut aussi être un refus de soutenir certaines multinationales (mais pas Coca, hein !!). Ca doit rester quelque chose de positif et punk dans l'esprit. Ca m'a aidé à me construire, avec une volonté de ne pas être un mouton parmi les moutons noirs ! Faut pas que ça devienne ultra strict et codifié. Genre je ne bois pas, car c'est mal. On n'est pas des putains de curetons !! Je ne bois pas parce que je n'aime pas ça, et que ça ne m'apporte rien, voilà. Mais si demain j'ai envie d'une bière, dois-je me priver afin d'obéir à une règle sacrée ???!!??? Mais bon, actuellement, je m'en fous un peu. Je dirais même que ce n'est plus très important pour moi. Je ne ressens plus le besoin de le revendiquer. Voir de me considérer comme tel. Je bois pas, je fume pas, et ne touche pas à la came, point. Je n'en ai ni besoin, ni l'utilité. A la rigueur je préfère le terme drug-free, qui signifie bien cette volonté de ne pas dépendre des drogues. Etre libéré de ces merdes, plutôt que de les refuser de façon dogmatique. Mais bon, tout ça c'est des étiquettes de plus. Moi je suis David, et actuellement sobre ! Et demain est un autre jour...

Pour les hardlines, je partage et soutient leurs combats !!! Hahaha, je déconne hein ! Ces petites merdes fascistes doivent être combattus comme n'importe quel faf. Leur vision (très pieuse) du sXe est tout simplement à l'opposé des idéaux punks. Ca dénote bien ce fossé entre la scène punk et hardcore, ainsi que la dépolitisation de cette dernière. A force de ne parler que musique et scène, de se proclamer apolitique, on laisse entrer des idées d'extrême-droite. Après, c'est né dans le contexte particulier des USA, où la religion est omniprésente, et même dans la scène HC. Heureusement ces petits batards ne sont pas très présents par chez nous. Mais dans tout les cas, faut pas les tolérer, il faut démontrer que leurs arguments et attitudes sont bidons, et ne pas hésiter à signaler tous groupes ouvertement hardline. Pas pour faire de la délation, mais faudrait pas qu'un kid achète un CD de ce genre de groupes sans le savoir. Ca m'est arrivé avec xTYRANTx ... dont les textes puent. Hardline = facho = petit bourgeois = macho = dévouer à dieu = sexiste = ENNEMIS !! Je leur vomis mon nectar de banane sur la tronche ! Après ouais, ils sont sXe, mais qu'est-ce que tu veux y faire ? T'as des skins nazis ou des punk capitalistes, ce n'est pas pour ça que tu y es aussi, nan ? J'espère que la majorité des punks est assez intelligente pour ne pas faire l'amalgame ! Ces connards salissent l'image des sXe, mais bon, c'est aussi aux sXe de faire le ménage dans leur scène ! On en revient à la dépolitisation du hardcore. Car à coté de cette minorité d'extrême-droite, t'as des groupes bien réac et patriote qui ont un succès dans la scène... Combien de gros groupes ayant parfois des textes patriotes, contre l'IVG, ou ouvertement catho... D'AGNOSTIC FRONT à COMEBACK KID, en passant par 25 TA LIFE, par exemple... Faut créer le xRASEx! Le Red & Anarchist Straight Edge!!! Heureusement t'as des groupes ouvertement sXe et ultra punk, comme SEEIN'RED ou GO !

 

Linux, windows ou maccintosh ? Quels logiciels utilises-tu pour Mononoke ? As-tu eu l'occasion de faire de la mise en page avant de lancer Mononoke ?

Je tourne à 70% sur du Windows. J'ai une version XP Pro sur le PC de bureau. J'ai aussi un PC portable, que j'ai récupéré, et remis en état pour presque rien. Et sur celui là, je suis en double-boot. C'est-à-dire que deux systèmes d'exploitation sont installés, et je choisi celui que je veux au démarrage. Il y'a une version modifié d'XP Pro, et Ubuntu de Linux. J'ai mis pas mal de temps avant de goûter à Linux. Et pourtant (sauf pour les gros fans de jeux vidéo), il n'y a que des avantages ! Gratuit et libre bien sur. Mais aussi très sûr et stable, fonctionnel, beau, performant, personnalisable, avec une vraie communauté derrière. Et surtout, il n'ya rien de vraiment compliqué en fin compte. La prise en main se fait rapidement. Mais c'est vrai, qu'on a souvent du mal à se défaire de ses (bonnes ou mauvaises) habitudes ! Et Windows n'a pas que des défauts, et sera indispensable pour certains logiciels, même si l'équivalent se trouve sur Linux. Jamais touché à un Mac, mais je sais que se sont des monstres de puissance, stable, et super beaux !

Pour le zine, tous les textes sont tapés sous Word (version 2007 en ce moment). Je gère la mise en page avec un logiciel de PAO, nommé PagePlus Studio. A l'occase, je vais aussi essayer avec Quark Xpress, et/ou InDesign. Deux soft pros. Suivant les besoins, j'utilise aussi Photoshop, Photofiltre, pour les illustrations et autre retouche visuelle. Je m'aide parfois de Systran, pour certaines traductions de textes. Sous Linux, OpenOffice et Scribus + Gimp feront largement l'affaire. Je vais tester ça sous peu, je pense. Je n'avais quasiment pas touché à un PC avant le zine, et encore moins fait de mise en page. J'ai appris sur le tas, avec l'aide d'amis, bouquins, forum... Bref, je m'intéresse beaucoup à l'informatique et aux tendances high-tech, j'aime bidouiller et essayer pleins de soft... que je choppe aux bons endroits, hehehe !

 

 

F_cb_18_BlobMemo_1.jpgQu'est-ce qui ta poussé à écrire un zine ? Quelle est l'interview dont tu es le plus content ? Pourquoi ? Y-a-t-il des interviews qui t'ont déçu ?

Ben c'est comme pour le label. L'envie de participer à cette scène, d'essayer d'être acteur et pas juste spectateur. Il y a bien sûr les zines que je lisais à l'époque, qui ont été des éléments moteurs. Tu te dis: pourquoi pas moi ? Et j'avais aussi cette volonté de faire découvrir des petits groupes dont on ne parlait pratiquement jamais. Quelque part, ça me faisait chier d'avoir des K7 de grind d'Equateur ou de oldschool nippon, et que personne ne soit au courant de l'existence même de ces groupes ! Et c'est aussi un moyen d'expression, où dans mon cas personnel, il est beaucoup plus simple de coucher sur papier mes impressions ou autre. Je ne suis pas réellement un gros bavard. Enfin disons, qu'il me faut beaucoup de temps pour avoir une vraie discussion avec quelqu'un, j'ai besoin d'être en confiance, avant de me dévoiler. J'ai l'impression de tendre la perche avec mes activités.

Ca va être dur de choisir, au singulier, mon interview préférée !!! J'aurais tendance à dire que celles du premier numéro ont beaucoup d'importance pour moi (21 ENEMY, COJOBA), ou encore les interviews fleuves de MALDOROR, OLLIB, FFYM ou HK. Je suis aussi bien content de mes questions avec SICK FIX et PAZAHORA... Pfff, bon allez, je vais choisir celle de Fred EARQUAKE, car elle est longue et passionnante, et que c'est un peu le point de départ pour moi. C'est curieux, mais niveau réponses, les zines, labels sont largement devant !! Et ouais, y'a aussi des déceptions, rien de bien méchant, mais parfois on attend beaucoup d'un groupe. J'avoue que les réponses très courtes de certains, comme EVERYBODY'S ENEMY, DONA MALDAD m'ont un peu fait chié. Bon c'est vrai que la langue peut être une barrière pour certains. Dommage aussi que THE GEEKS évites les sujets politisés, et que certaines réponses des BRIXTONS CATS soient pas assez développées. Mais bon, nous sommes avant tout des individus, avec nos qualités et défauts. Mais maintenant pour mes interviews, je veux que le groupe soit clairement motivé pour répondre, avec un minimum de développement derrière. Et je te passe la liste de ceux qui n'ont jamais répondu !

 

Quels sont tes zines préférés ? Quels sont les premiers que tu as découverts ?

Alors comme dit un peu plus haut, le premier zine que j'ai lu était EARQUAKE, un pilier essentiel dans ma punkulture ! Il a été suivi de près par SQUAWK, DIABOLIK, PAVILLON 36, TOTALITARIZM, KEROZENE et sûrement d'autres dont le nom m'échappe. N'oublions pas la vague de zine hardcore comme DA HARDSIDE REPORT, TRUE TILL DEATH et autres. Depuis, j'en ai bouffé des kilos de papier. Par contre faute de place, je ne les garde plus (sauf certains), alors je fais tourner aux amis, dans des paquets ou pour divers infokiosques. Ceux que j'adore particulièrement, sont CLONE ZINE (très typé 80's HC, avec un pur style), RATCHARGE (mais qui n'aime pas??), CHERIBIBI (même si je ne connais pas la moitié, y'a toujours un dossier ou interview qui déboite), WGF (il me fait découvrir trop de trucs, et j'aime le ton, juste dommage que cela soit en anglais), UP THE ZINES (un zine qui cause zine, comment dire, non ?!?), les articles de BARRICATA sont très intéressants (contrairement à leurs interviews de groupes punk), NEVER KNOW et SQUAT THE CASBAH sont de très bonnes surprises, sans oublier PLUS QUE DES MOTS, qui a fait une entré remarquable ! La sincérité d'UNDERWOOD et DIMWIT me plait aussi, de même que la richesse d'A BORDS PERDUS, que je dévore en ce moment. Et j'attends le tien de pied ferme !!

 

Heu... tu travailles ? Que fais-tu ? T'arrives à consciller le boulot et le reste ? Il me semble que tu es délégué syndical ou je me trompe ? « Travail, consomme et tais-toi », t'en penses quoi ?

Ouais, je bosse dans une putain d'usine (les 3 derniers mots sont le titre d'un livre ! Note de Nathalie), du secteur automobile. Rien de passionnant, on fabrique l'armature des sièges de bagnoles. Je m'occupe d'un robot qui soude, et depuis peu, je suis retourné aux produits finis. C'est beaucoup plus dur, mais comme certains ateliers tournent au ralenti, ils ont fait du déplacement de personnel. Bref, boulot de merde à vocation uniquement alimentaire. Je n'ai pas de diplôme, peu d'expérience, et vu que dans une région rurale t'as pas des tonnes de choix, et bien tu vas à l'usine... Par contre, je fais en sorte de glander un maximum et de m'impliquer le moins possible... Avec beaucoup de grève du zèle, et un peu de sabotage en passant ! On m'a déjà dit que j'étais une mauvaise influence pour mes collègues, hahaha! Tant mieux alors ! J'essaie aussi de bien les dégoûter au sujet de leur situation, pour qu'à leur tour ils en fassent moins. Ca marche parfois, mais y'a quand même beaucoup de bestiaux !! Certains commencent à être bien remontés, et la crise actuelle va aider à radicaliser certains actes et idées. Dès que possible, je pose sur les tables divers tracts ou textes de réflexions, qui circulent en général dans la mouvance anarko. Ils et elles seront loin d'être tous d'accord, mais ça peu amener à des discussions intéressantes et enrichissante. Les gens se posent des questions. Car malgré un gros pourcentage de français moyen bouffé par le système, t'as avant tout des individus qui souffrent au quotidien, à cause de la difficulté du taf, mais aussi de l'absurdité de la situation, le non-sens de leur vie. Sinon, je ne suis pas tout à fait délégué syndical, mais délégué du personnel, au sein de la CGT... Les plus "offensifs" de la boite. Je ne milite absolument pas pour ce syndicat... Je n'ai aucune confiance aux responsables du parti. On voit de plus en plus que le fossé se creuse entre leur base et le central. Je me contente de mon rôle de DP, dans lequel je remonte de nombreux problèmes à la direction, et si y'a moyen de les faire chier, je ne me prive pas. Et puis j'ai droit à des heures de délégations, et des réunions, gniakgniak ! C'est aussi pendant ces heures de délégations que je parcours les divers ateliers, et en profite pour discuter avec les gens, connaitre les points de vues, proposer des alternatives. Mais les gens sont tellement endoctrinés et individualistes, que la tâche semble insurmontable ! Mais rien n'est perdu, et lorsque j'entends des jeunes de mon âge dire qu'il faudrait qu'on s'auto-organise, sans passer par les syndicats, ça fait grave plaisir ! Mais en ce moment, ça me saoule beaucoup ! On dirait que je fais le baby-sitter !! J'en ai un peu marre des gens qui se plaignent, mais sont incapables de bouger leur cul. Des gens qui n'ont aucune reconnaissance, et ne pense qu'à leur gueule. Ca tape sur les syndicats, ça ouvre sa gueule à la pause, mais ça fait des courbettes au directeur dans les ateliers. La seule chose qui intéresse les gens, c'est les augmentations de salaires, histoires de se payer une piscine, une clim ou un écran géant... Et c'est vrai en plus. Des salariés avec un salaire de prolo, mais qui vive comme la classe moyenne, endetté jusqu'au cou.  Et je ne te parle pas des idées bien à droite de beaucoup. Ca crache sur les étrangers, les chômeurs, les rmistes, mais jamais sur la bourgeoisie ou le patronat !!! Alors à quoi bon dépenser toute cette énergie, à quoi bon tout ce stress et ces embrouilles (aussi bien avec les salariés qu'avec la direction) ? Pourquoi se prendre la tête pour des gens qui ne le méritent pas ? C'est le genre de questions que je me pose actuellement. D'un coté, je pense que c'est assez important d'avoir des syndicats, car la situation serait bien pire, surtout au niveau ambiance sociale, respect des intérims, et conditions de travail et sécurité, où l'on est très fort, il faut l'admettre. Mais après, cela a ses limites. La direction est très intelligente. Elle connait le code du travail. Donc, tant qu'elle le respecte, pas facile de les contrer. T'es toujours bloqué par la loi, le règlement, les conventions... Donc au final, tu ne peux pas changer grand-chose comme ça ! Y'a toujours une laisse qui t'empêche d'aller trop loin ! Après les gens y disent qu'on fait rien (au passage, ils ont déjà oublié le problème qu'on a réglé la veille), mais qu'est-ce que tu veux faire si la direction est dans son droit ? Une grève ? Un débrayage ? Pfff, à peine 15% suivrait... Pas simple. Les syndicats sont peu soutenus, donc ils se ramollissent un peu. Et vice-versa. D'un coté on te reproche d'être trop complaisant, et de l'autre on te reproche de trop faire chier la direction... Et que vu le contexte du groupe Faurecia (nombreuses restructuration et plans sociaux pour cette année), faut pas trop tirer sur l'élastique... Y'a de quoi devenir dingue avec des gens pareils ! Mais le jour qu'on fermera, il sera trop tard pour agir... Donc, pour simplifier, un syndicat c'est bien pour agir sur certains points, pour apporter des améliorations dans le quotidien, et au niveau local. Mais si on veut un vrai changement, faut radicaliser tout ça. Se mettre en rupture avec les méthodes de "luttes" professionnelles. Va falloir que les mentalités changes, que les consciences se réveillent. Va falloir être solidaire, et surtout savoir quelle vie voulons-nous vraiment. T'as aussi tout le côté bureautique du syndicat, les négo avec la direction (quelle blague !), le coté politiciens où l'image du syndicat compte avant tout, les guéguerres entre CGT/FO/CFDT, la course aux voix pendant les élections, la main mise sur le Comité d'Entreprise (avec ces concours de belotte et ses soirées cabarets... youpi, vive la lutte des classes !!!), les trop nombreux compromis, la non (surtout pas) remise en question du système, une certaines volonté de contrôler et d'endoctriner les gens... Mais toute cette partie n'est pas pour moi, je m'en tiens au rôle de délégué du personnel, et c'est tout. J'essaie d'aider un maximum, et de réveiller les gens aussi. Je les encourage à se passer des syndicats, et à agir par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Et je n'hésite jamais à pourrir ma section lorsqu'ils font certaines magouilles, ou lorsqu'ils ne sont pas assez rentre-dedans! Le mouton noir de la CGT c'est moi ! Je ne pense pas me représenter de toute façon. Je ne crois pas (ou plus) à ces méthodes. Bon, je crois que ma réponse part un peu dans tous les sens, désolé. Faut dire que c'est un point très confus dans ma tête en ce moment.

Et pour " Travail, consomme et tais-toi", déjà, jamais pour le tais-toi !! Les deux autres sont intiment liés. C'est pourquoi je pense que tous les syndicats se plantent en revendiquant des hausses de salaires et du pouvoir d'achat. Ca ne fera qu'empirer les choses. Plus gros salaires = moins compétitif pour les boites, donc délocalisation. Plus de pouvoir d'achat = plus de demande, donc plus d'inflation. Pas besoin d'être économiste pour comprendre ça. Non, il est clair que la solution se trouve dans la décroissance, et de consommer vraiment utile. Mais ça demande une sacrée remise en question, car si le salarié consomme moins, sa boite produit moins, et il risque le chômage. Il faut vraiment réapprendre à vivre autrement, et à se passer des classes dirigeantes. Cela est nécessaire, que se soit d'un point de vue écologique ou social. Et c'est vrai que si tu vis dans un certains confort, ce n'est pas forcément facile à admettre. Je ne pense pas que la qualité de vie se résume au dernier portable d'Apple. On ne peut pas continuer comme ça. Et niveau ressource, on ne peut pas faire en sorte que tout les habitants adoptent notre mode de vie. Ca ne serait pas une solution. Et continuer son petit traintrain dans sa petite Europe toute propre, en laissant crever les ¾ de la planète, je ne l'imagine même pas. Et j'ai malheureusement l'impression qu'on part dans cette voie... Et ca va forcément nous péter à la gueule. Franchement, je n'ai pas de solution miracle, mais je pense que chacun et chacune, dans ses actes quotidiens peut à son niveau, enrayer la machine. Action local pour changement globale, nan ? Par contre, il est plus que nécessaire d'informer un maximum, de faire de la propagande autour de soit, de proposer et montrer des alternatives. Il faut que les gens réalisent que malgré tout leur bling-bling, leur vie reste de la merde ! Encore une fois, c'est le gros bordel dans ma réponse, mais trop de chaos dans le ciboulot !! Sinon, bien sûr que ça me bouffe trop de temps. Pour l'instant j'arrive à gérer, mais c'est de plus en plus chaud.

 

J'aurais encore beaucoup de questions mais je vais te laisser car cela prend du temps à répondre. As-tu quelque chose à ajouter ?

Bah je crois que c'est déjà pas mal hein ! En tout cas ça me fait vraiment plaisir de voir que tu te remets au zine, et d'avoir répondu à tes questions. Très intéressantes au demeurant, même si j'ai assez peiné à répondre. Je te rassure, ça ne vient pas de toi ! C'est plutôt moi qui aie eu beaucoup de mal à coucher mes réflexions sur papier. Pas trop l'inspiration en ce moment. Trop de trucs se bousculent dans mon crâne ! Alors j'espère ne pas avoir dit trop de conneries ! Et vous êtes libre de me contacter pour plus de précisions ou pour débattre de certaines choses. Si vous voulez plus d'info sur mes activités, je vous invite à mater mon site pour les prochaines sorties. En vrac: KEN PARK, STRONG AS TEN, ATTENTAT SONORE, ALTERCATO, et surement un peu plus de CDR de groupes éloignés. Ca me semble la meilleure solution pour faire découvrir des petits groupes inconnus. Et faut que je bosse sur le prochain MONONOKE, qui était prévu de sortir en split avec KEPALA ESKORBUTA, une fois de plus. Mais je ne garantis rien, car je n'ai pas avancé! Quoi d'autre... Ah ouais, Carole Gaesller a vraiment un regard magnifique :-)

Voilà, merci à toi, et à la prochaine ! Longue vie et bonne chance à ton zine ! Tchao, la bise, et tout, et tout...

 

CARVILLE David

38 rue docteur Dubois

58110 Chatillon en Bazois

FRANCE

dc.fury(a)orange.fr

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29/12/2007

La Pétroleuse

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Cette interview a été réalisée par mail courant septembre 2005 et a été mise en ligne sur l’ancien blog le 17 septembre 2005. Merci à Mathias d’avoir actualisé les réponses en novembre 2007.

 
Peux-tu présenter la Pétroleuse ?

La Pétroleuse existe depuis 2004. C’est une librairie par correspondance qui distribue des livres, des fanzines, des magazines, des vidéos, des t-shirts et quelques patches et badges. Une librairie radicale ? Contre culturelle ? Anar ? Rock’n’roll ? Punk ? Iconoclaste ? Pas facile de qualifier d’un seul mot la librairie. La Pétroleuse est un électron libre sans dieu ni maître au pays du rock’n’roll.

La Pétroleuse propose aussi bien des bouquins (en français et en anglais) sur le tatouage que sur l’anarchie, des romans que des photobooks, des bds que des essais, des livres d’art que des livres sur le punk, le rock, le sexe, le cinéma de genre, les flics, la prison, l’écologie et sur bien d’autres sujets déviants, mal-pensants et étrange !

Le mieux est de visiter le site pour se faire une meilleure idée du catalogue. De temps à autres je saute dans ma petromobile et pose mes bouquins dans des concerts, des conventions de disques ou de fanzines, invité ici et là par des copains et copines.

 

Pourquoi ce nom ? Qu’est-ce que ça représente pour toi ?
Au moment où je montais le projet, ce nom s’est imposé naturellement. Les pétroleuses pendant la Commune de Paris c’étaient les femmes du peuple qui balançaient des engins incendiaires artisanaux contre les bâtiments de l’Etat et de la bourgeoisie (fantasme de la presse réactionnaire versaillaise pour effrayer les bourgeois ou réalité historique ceci est un autre débat). Par extension aujourd’hui c’est une nana qui défend ses idées avec radicalité. Ca fait le lien entre Louise Michel et les Riot Grrrlz, entre les barricades et le rock’n’roll, et ça résume plutôt bien à mon avis la ligne éditoriale de la librairie. 

 

Est-ce que le catalogue de la Pétroleuse représente bien tes centres d’intérêt (art, cinéma, punk, tattoo, piercing, politique…) ou est-ce élargi ou au contraire tu as préféré limité le nombre de thème ?
Le catalogue représente en effet mes centres d’intérêts principaux qui s’articulent autour de deux axes que sont le rocknroll et la politique. C’est la culture dans laquelle je baigne depuis une quinzaine d’années (ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas m’intéresser à d’autres choses). Abordant des sujets a priori hétéroclites, l’ensemble du catalogue forme à mon sens un tout relativement cohérent. Vu les retours que j’ai depuis le début, je ne semble pas le seul à partager ces centres d’intérêts. Mais le catalogue n’est pas figé. Il prend vie et grandit au fur et à mesure…

 

Imagines-tu un jour la Pétroleuse avec un local, une « vraie » librairie ?
C’est un rêve d’avoir un lieu physique où les gens pourraient toucher directement les ouvrages, discuter le bout de gras en buvant un coup et organiser même à l’occasion des expos et rencontres. Après faut être conscient qu’un local ça a un coup et qu’économiquement c’est pas gagné surtout dans un bled comme Poitiers (qui est ma ville natale et que j’aime beaucoup) où le public intéressé par les activités d’une telle librairie est quand même plutôt restreint. Poitiers c’est pas Paris, Bordeaux, Lyon, Toulouse ou d’autres villes comme ça et bouger d’ici n’est pas à l’ordre du jour. Donc au jour d’aujourd’hui ça reste un rêve mais qui ne demande à terme qu’à se réaliser. En tout état de cause je ne lâcherais pas l’activité par correspondance car ce qui m’a motivé en premier lieu en montant cette activité c’était d’apporter à des gens qui n’en ont pas l’occasion habituellement (en particulier du fait de leur isolement géographique) des ouvrages qui ne se trouvent pas à chaque coin de rue.

 

Une librairie… pas l’envie d’être une édition, non plus ?
Bien sur ! C’est un projet qui reste à réaliser mais qui prend forme ces derniers temps. Une telle activité (additionnée aux autres) c’est du temps et de la thune et ça va donc jamais aussi vite qu’on le souhaiterait. En tout cas c’est ce qui me motive le plus en ce moment avec la librairie. Le premier projet est en cours depuis quelques mois et j’aimerais bien qu’il se concrétise d’ici le 1er trimestre 2008, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. J’ai plusieurs projets d’édition dans un coin de ma tête pour l’avenir (à écrire même ou à co-écrire ce qui demandera encore plus de temps). Même s’il y a eu ces dernières années en France quelques beaux projets d’éditions underground réussis, il reste qu’on a quelques wagons de retard par rapport à d’autres pays. On a réussi à développer un bon réseau de production et de distribution musicale diy ces 10-15 dernières années en France, alors pourquoi ne pas imaginer la même chose dans le domaine de l’édition et de l’écrit ? L’avenir nous le dira, mais en tout cas c’est un projet qui m’enthousiasme…

 

Sans internet, comment verrais-tu la Pétroleuse ?
Sans internet je ne suis pas certain que je me serais lancé dans l’aventure. On peut critiquer autant qu’on veut le côté aliénant, normatif et sécuritaire de l’ordinateur et d’internet, toujours est il qu’à l’heure actuelle ça reste encore un formidable outil de communication, de production et d’autonomie. Je suis conscient de passer trop de temps devant mon écran mais à la fois je n’ai jamais réalisé autant de trucs que depuis que j’ai appris à me servir d’un ordi.

 

La pétroleuse est en lien sur de nombreux sites internet alternatifs… un bon moyen de se faire connaître. Quels sont les autres méthodes pour « faire venir » du monde sur le site ?
L’échange de liens est un moyen de soutien entre gens qui s’apprécient, mais pas si efficace que ça à mon avis  pour faire venir le public tellement les liens sont noyés au milieu d’une masse d’adresses que pas grand monde regarde finalement. Les autres méthodes pour faire connaître son activité sont les flyers, les newsletters, les zines et surtout le bouche à oreille…

 

Comment fonctionne la Pétroleuse ?  Est-ce que tous les livres qui sont dans le catalogue sont achetés, ou en dépôt ? Quelle marge sur chaque livre (% ?) ? Comment choisis-tu les éditeurs ? Les livres ? Combien de commandes par jour ? T’en n’as pas marre de faire des paquets ?!!!!?
Faire tourner même une petite structure comme La Pétroleuse c’est du taf…et comme disait l’autre, vouloir échapper au salariat c’est du boulot ! Mais bon la priorité c’est d’être maître de son temps et de son corps et de se faire plaisir surtout.

Plus précisément concernant le fonctionnement, j’achète en ferme aux éditeurs (distributeurs) avec remise (de 25 à 40% environ) la plupart des ouvrages. Le seul critère de choix est de savoir si un ouvrage correspond ou non à ma ligne éditoriale (faut qu’il me plaise en deux mots). Si tu recherches un bouquin que je n’ai pas au catalogue tu peux me le demander et si je tombe dessus je te préviendrais par courrier. Pour soutenir La Pétroleuse un seul moyen : passez commandes les amis…

 

Au niveau des éditeurs, la plupart sont indépendants mais quelques-uns comme Gallimard ou Flammarion sont de grosses structures, penses-tu (je connais déjà la réponse entre oui et non mais j’aimerais connaître les arguments !) qu’elles ont besoin de la Pétroleuse et réciproquement ?
Il est clair que ma priorité ce n’est pas de bosser avec ces géants de l’édition, aux mains (soyons en conscient) d’actionnaires de multinationales ou/et de marchands d’armes. Que ces monstres de l’édition n’aient pas besoin de moi c’est une évidence. Est-ce que j’ai vraiment besoin d’eux ? Est-ce que je pourrais me passer de distribuer leurs bouquins qui se trouvent en principe dans toutes les librairies généralistes ?

Pas facile de répondre à ces questions sans parler un peu du fonctionnement de l’industrie du livre, du rapport editeur-distributeur-libraire. Il faut savoir que la plupart des maisons d’éditions (il y en a quand même plusieurs milliers en France) sont inféodées d’une manière ou d’une autre à de plus gros et qu’ils subissent tous la loi du marché (le cas de l’édition militante est un peu différent). C’est la question de la distribution du livre qui est au centre de la problématique. Les grosses maisons d’édition (Gallimard, Flammarion and co) possèdent des infrastructures de distribution pour se distribuer et distribuer d’autres éditeurs (gros, moyens, petits et micros et ils sont nombreux) qui leur sont ainsi inféodés. Rares sont les maisons d’éditions qui n’ont pas signé d’exclusivité avec l’un des gros distributeurs des géants de l’édition. Donc à ce moment là, ces structures de distribution deviennent incontournables pour un libraire, même le plus petit. Et sans rentrer dans le détail, ce sont ces distributeurs (Sodis, Union Distribution, Harmonia Mundi, Interforum, Belles Lettres etc) qui ont les cartes en mains (conditions commerciales, remises etc) aussi bien vis-à-vis de l’éditeur que du détaillant. Lorsque je peux bosser directement avec un éditeur je bosse bien sûr directement avec lui. Ca ne dérange aucunement VivendiMatraHachetteLagardère d’éditer et/ou de distribuer des bouquins critiquant le système (capitaliste) à partir du moment où il y a un « marché » et du pognon à se faire. Les éditions de La Découverte par exemple (ex Editions François Maspero avec une tradition éditoriale à l’origine plutôt très à gauche) ont été racheté par Vivendi. Il faut en avoir conscience et c’est sûrement la force principale du capitalisme que de s’avoir s’adapter.

Je ne fais pas le même métier qu’un libraire généraliste qui croule sous les nouveautés et autres merdes marketées envoyées d’office par les distributeurs. Je ne suis pas assujetti à ces offices et je choisis librement et ponctuellement tel ou tel livre qui m’intéressent. Il y a dans les catalogues de ces gros éditeurs de très bons auteurs (des Chomsky, Thomson, Battisti, Fajardie, Burrough, Orwell pour n’en citer que deux ou trois dans des genres différents…) et je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas en faire profiter le public. Il y a éventuellement une question éthique qui se pose à chacun (au même titre que lorsque on achète de la Kronembourg ou du gazole) et c’est donc à chacun de faire ses choix.

Je ne sais pas si j’ai été très clair mais c’est une question fondamentale lorsqu’on s’intéresse un peu au monde du livre.

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En parlant de Gallimard, les livres proposés par la Pétroleuse sont des polars dans des contextes sociales, politiques…n’est-ce pas un bon moyen, grâce à de la fiction de faire passer un message, à l’instar de certains livres de S.F. ?
Les livres dont tu parles sont la plupart des romans noirs (différent du strict roman policier même s’il peut aussi mettre en scène des flics) où souvent le héros est un antihéros plutôt alcolo et libertaire, éventuellement cynique et souvent looser, dépeignant un paysage social pas très rose et avec des références directement plus politiques et militantes pour certains. Je ne pense pas qu’un roman puisse changer quoi que se soit aux problèmes sociaux. Le but d’un roman c’est en premier lieu de divertir. S’il pose le doigt sur des questions de société et qu’il fasse réfléchir le lecteur deux secondes en plus de le divertir je ne pourrais que m’en réjouir. Mais à mon avis si tu veux une analyse politique, social, économique un peu pointue sur un sujet particulier le roman n’est pas nécessairement le genre le plus a même de répondre à ton attente. De toute façon aucun livre ne changera la société…le lecteur peut être.

 

Dans le catalogue, il y a un « rayon »  « travail », notamment le film « Attention danger travail » de Pierre Carles qui est un témoignage de chômeurs/euses heureux/euses de l’être, qui montre que le mythe « le travail c’est la santé » est un mensonge. Un avis sur le travail (salarié ou pas) et le droit à la paresse ?
Le travail c’est la santé…ne rien faire c’est la garder. Le rapport de l’homme au travail/activité est un sujet passionnant. Je ne ferais jamais l’apologie du salariat que j’honnis vraiment et qui est le fondement même du capitalisme (exploitation de la force de travail d’un travailleur qui ne possède pas son outil de travail + sujétion à un patron). Je suis contre cette forme de travail contraint et aliénant promu par les idéologies de droite comme de gauche.

Est-ce que le travail peut être autre chose que le salariat ? Encore heureux qu’on puisse être actif sans être contraint ni assujetti à d’autres. Tu prends l’exemple du dit « chômeur heureux ». Il est généralement très actif en dehors du fait salarial. Il a brisé ses chaînes et n’en ressent aucune culpabilité (ce qui n’est pas facile vu la pression sociale). On a alors une activité librement choisie et exercée. La vision de l’activité (ou du travail c’est une question de vocabulaire) change alors du tout au tout vu qu’il n’y a plus cette idée du temps de travail ou de non-travail, des horaires, des vacances, du temps libre, du loisir etc…C’est juste la vie et ce que t’en fait.

C’est aussi bien sur la question de l’autogestion, du participalisme, de l’organisation. C’est la question de la place de l’homme (l’homo economicus ?) et de l’économie dans une société : l’économie au service de l’homme ou l’homme au service de l’économie ? Cela pose aussi la question de la survie économique ce qui lance le débat sur le logement/la propriété, l’autonomie alimentaire et énergétique, la décroissance etc…C’est un débat central.


Tu t’occupes également de Bloko Autonoma (http://blokoautonoma.free.fr) qui est en quelque sorte un complément de La Pétroleuse puisque des brochures, disques et T.shirts y sont proposés… une petite présentation ?
Bloko Autonoma c’etait une distro / label diy non profit…qui n’existe plus. Je distribuais via cette structure des disques et des brochures photocopiées. J’ai également sorti quelques disques : la compile Autonomie Aujourd’hui, le premier disque des amis de Myra Lee en coprod avec d’autres copains d’ici et d’ailleurs et j’ai aussi participé à la coprod du disque des italiens de Kalashnikov. J’ai aussi sorti deux numéros d’un videozine qui s’appelait Punx Picnic.

Je n’avais plus assez de temps ni d'envie pour continuer cette activité distro que d'autres font à merveille et avec passion et j’ai de nouveaux projets encore plus excitants sur le feu (éditions, atelier de sérigraphie…) qui me demandent toute mon énergie.

Le dernier projet en date c’est la mise en ligne en 2006 d’un site d’archivage de flyers punk français. Ca s’appelle Do It Yourself Flyers (http://blokoautonoma.free.fr/Flyers/home.htm) et le but est de mettre en ligne les flyers (distro, label, fanzine, concert etc) de la scène punk (au sens large) française depuis en gros le début des années 90. J’ai commencé par y coller mes archives perso (un bon millier de flyers que j’avais accumulé depuis 15 ans) puis tous ceux que des gens m’ont envoyé depuis (soit presque 2000 flyers en ligne actuellement). L’ambition est que tout le monde participe au projet en m’envoyant ses propres archives (contactez moi pour savoir comment procéder ou allez voir sur le site). Pendant qu’on y est j’ai aussi lancé il y a quelques temps et parallèlement au site/catalogue de La Petroleuse, un blog perso (http://blokoautonoma.free.fr/petroblog) sur lequel je raconte (quand je trouve le temps) mes virées/concerts et présente des activités ou personnages qui me plaisent.

 

Il y a plus de 10 ans, tu commençais « D.I.Y. Brigada » un zine d’opinion (bien documenté  et très informatif pour un zine anarcho-punk), qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans une telle aventure et également de l’arrêter plusieurs années après ? As-tu gardé le contact avec beaucoup d’activistes de l’époque ? Qu’as-tu fais entre l’arrêt de D.I.Y. Brigada et le lancement de la Pétroleuse ?
Le premier numéro de DIY Brigada c’était au début des années 90. J’ai dû sortir en gros un numéro par an jusqu’en 1997 ou 1998 je crois. C’était pas la grosse production mais malgré son côté confidentiel je crois que les gens qui connaissaient à l’époque aimaient bien. Je ne sais plus trop comment j’y suis venu. Sûrement l’envie de m’exprimer dans un cadre de création libre et autonome. Ce n’était pas ma première expérience en matière de fanzine car j’avais déjà sorti quand j’avais 15-16 ans quelques numéros d’un zine psycho (Mutant Blob). C’est le do-it-yourself qui m’a d’abord branché. Faire des choses tout seul (ou a plusieurs) mais sans rien attendre de personne, sans subvention, ni autorisation, ni contrôle. Juste ses idées, ses envies, son énergie et hop…are u ready ? get up and go comme disait la chanson.

Diy Brigada ça mélangeait déjà Musique et Politique. La réflexion qu’on avait à l’époque avec Steph (Le Rebouteux) qui collaborait au zine, c’était que les gens dans le milieu punk consommaient juste de la musique et que la démarche « politique » passait pour beaucoup bien au dessus de leur crête (est-ce que ça a beaucoup changé 10 ans plus tard ?). D’où notre envie de faire un zine mélangeant interviews de groupes et textes sur des sujets plus politiques (ou même historique). Je ne suis pas sur que ça volait toujours très haut mais en tout cas ça m’a permis de m’informer et de réfléchir à l’époque sur certaines questions en écrivant ces articles (c’était toujours ça de pris) et l’ambition était de partager avec d’autres ces infos/reflexions.

J’ai arrêté Diy Brigada parce que je devais passer à autre chose à ce moment là. J’ai entre autre milité quelques années avec une poignée d’amis-camarades skalpeurs ce qui m’a prit également du temps et de l’énergie. J’ai relancé un zine à ce moment là qui s’appelait Schwarz Block qui était en fait le petit frère de Diy Brigada (mais avec une approche thématique).

Depuis 10-15 ans, j’ai en effet gardé le contact avec quelques « activistes » de l’époque (à commencer par toi, même si on est pas des intimes on est toujours plus ou moins resté en contact tout ce temps). Même si pour certains la scène n’a été qu’un délire d’adolescent, d’autres sont restés actifs et impliqués toutes ces années. Etre actif c’est un moyen de rencontrer des gens intéressants qui débordent d’idées et d’énergie et c’est très enrichissant (et motivant) au niveau personnel et collectif. Je fais une petite parenthèse pour préciser que je n’ai pas non plus une vision romantique de la chose (surtout avec le recul) et que je suis très conscient qu’on est pas à l’abris de rencontrer des cons, des petits curés réacs moralistes, des victimes de la mode, des petits chefaillons ou des baltringues comme dans le reste de la société. Mais en très grande majorité c’est super positif. Il m’arrive même aujourd’hui de rencontrer encore des personnes avec qui j’étais en contact (courrier à l’époque) il y a 10-15 ans mais que je n’avais jamais eu l’occasion de croiser et ça c’est plutôt drôle.

Quand je regarde rétrospectivement tout ça, il n’y a pas beaucoup de changement en fait entre les premiers numéros de Diy Brigada et l’activité La Petroleuse : la fête et la lutte, la subversion et la rigolade ! Je crois que ça résume assez bien mon parcours depuis ce temps…le seul fun du rock’n’roll me débecte tout comme le trop sérieux du militantisme chiant. C’est le cocktail des deux qui m’a toujours plu.

 

Dans « D.I.Y Brigada », tu parlais déjà de libération animale. Dans le catalogue de la librairie radicale, il y a une rubrique sur le véganisme avec des livres sur le végétarisme, l’expérimentation animale, l’antispécisme… que penses-tu de l’évolution de la libération animale pendant ces 10 dernières années dans le milieu anarcho-punk et libertaire ? Et dans la vie de tous les jours ? La revue Reflex avait sorti un en 1993, un article anti-antispéciste intitulé « Nous ne mangeons pas d’antispécistes pour ne pas tuer d’animaux ». Il y a quelques années, le  Skalp (Scalp et Reflex étant lié) de Poitiers dont tu faisais parti avait publié un long dossier « anarchisme et libération animale » dans leur zine « Schwarz Block », quels retours avez-vous vu eu de la part des autres groupes du Scalp ? Et des lecteurs/trices ?
Visiblement je reste plutôt fidèle à mes idées même si elles évolues et s’affinent au fil du temps. Ca fait 13-14 ans que je suis végétarien antispé et ça été un choix d’idée et pas un simple dégoût d’ordre émotionnel - vu qu’à la base j’étais un gros bidochard. Ca me semblais naturel d’avoir une section veganisme-animal lib dans les rayons de La Petroleuse ne serait ce que pour avoir quelques livres de cuisine (la question numéro 1 du non-végéta*ien à un végata*ien avant même de savoir le pourquoi de la démarche étant de se demander ce qu’on peut bien manger à part de la salade arf!). Pour tout dire c’est pas la rubrique qui a le plus de succès mais c’est justement l’objectif que d’apporter la possibilité aux gens de s’y intéresser.

Au Skalp Poitiers je crois qu’on était assez iconoclastes par rapport à la plupart des groupes No Pa. On était 5-6 dans le groupe et on était presque tous punx anarko végétariens antispé. Pour tout dire je me souviens pas vraiment de la réactions des autres groupes du réseau à ce premier numéro de Schwarz Block sur la libération animale, mais faut bien dire qu’on l’avait fait quand même un peu exprès pour voir (à cause entre autre de cet article anti-antispéciste de ce fameux numéro de Reflex) et que c’était un sujet qui nous tenait à cœur. Je crois que ça a fait un peu tâche mais on s’en branlait complètement car je ne crois pas trahir les copains en disant qu’on avait ni les uns ni les autres l’esprit grégaire ou de parti.

Quant à l’évolution de l’antispécisme ces dix dernières années je crois que ça a plutôt évolué dans le bon sens. Certains ont lâché l’affaire mais c’est le droit de chacun de faire ce qu’il sent. C’est clair qu’on est toujours en ultra minorité, mais une minorité en quelque sorte considérée. Vois l’accueil des groupes dans la scène punk hardcore, je crois que je n’ai pas vu un endroit ces dernières années où il n’y avait pas de bouffe veget’ (même si parfois c’est très succinct) et ça c’est quand même énorme. C’est vraiment passé dans la culture de la scène sans devenir un truc dogmatique non plus.

Personnellement je n’ai jamais été vraiment militant de la cause antispéciste. Mon seul régime alimentaire m’amenait à discuter avec les gens du sujet et du pourquoi du comment (avec d’ailleurs parfois des discussions assez houleuses). Mais je n’ai jamais été un apologiste ou un militant (et sûrement pas un moraliste) à vouloir persuader les autres du bien fondé de l’antispécisme. C’est d’ailleurs assez contre productif je crois la plupart du temps vu qu’au raisonnement intellectuel s’oppose rapidement un aspect plus émotionnel, sans parler du poids du conformisme social.

Enfin bref, je crois que ça a plutôt bien évolué dans l’esprit des gens (y compris dans le milieu libertaire antifa etc). Dans le milieu punk il y a quand même pas mal de végéta*iens en France et dans le monde (la plupart des groupes étrangers qu’on a reçu ces derniers temps étaient tous vegan ou végétariens). Pour les plus jeunes je ne sais pas trop où ça en ait, d’autant plus que le milieu strictement punk anarcho français je ne suis plus spécialement investi dedans…

Faut bien voir aussi que globalement dans la société le végétarisme en France a aussi fait son petit bonhomme de chemin et c’était pas gagné d’avance vu le poids de la tradition viandarde. C’est peut être pas encore ça qu’est ça et sûrement pas pour les raisons que nous défendons, mais il est plus facile de trouver aujourd’hui un resto végétarien ou de s’acheter un sandwich sans animaux qu’il y a dix piges. Tu parlerais sûrement mieux du sujet que moi (puisque plus impliqué) mais voilà mon opinion.

 

Quels sont tes livres préférés ? Même question pour les zines, groupes et films ?
Question super difficile à répondre. Il y a des classiques qui m’ont marqué dans le passé, comme l’Unique de Stirner ou 1984 d’Orwell mais je n’ai pas vraiment de livres de chevet. J’étais surtout branché essais ces 10 dernières années mais j’aime bien aussi les romans maintenant. Je suis aussi amateur de beaux livres (graphisme ou photos) rien que pour le plaisir des mirettes…

Les zines j’en lis plutôt moins qu’avant mais il y en a toujours un tas de vraiment bien (et je trouve même qu’il y a un retour en force ces derniers temps du fanzine papier ce qui est bien cool). En zine français j’aime bien le Barricata que je trouve de plus en plus intéressant sur le fond et sur les choix éditoriaux (ce qui change du oï oï oï des débuts), le Cheribibi (nouvelle version imprimée bien classieuse) et l’incontournable Rad Party de l’ami Steph mais bon il y en a tout plein d’autres très bons.

Point de vue groupes (je ne sais pas si ça peut vraiment intéresser quelqu’un de le savoir) mes influences sont assez classiques. Dans le désordre : Dead Kennedys, Crass, Mdc, Black Flag, Dri, Minor Threat, Nausea, Bad Brains, Suicidal Tendencies, Los Crudos, les Ramones, Motorhead, Oth, les Bérus, Kochise, mais aussi du garage ou du crust qui tache. Rien de bien original donc mais je peux aussi écouter du Tom Waits, de la musique tsigane, de la soul 60’s ou du Woody Guthrie…

Mes films préférés ? The Deer Hunter, Soleil Vert, Délivrance, La Grande Bouffe, Un Singe en Hiver sont des films qui me viennent à l’esprit comme ça, mais il y en a là aussi tellement. Les films de Jarmush, de Loach, de Lynch, de Kubrick, de Blier, de Pasolini…en plus underground les films de Richard Kern ou de Nick Zedd, le cinema de transgression et ces derniers temps je découvre le cinéma de genre (horreur, gore, trash, exploitation en tout genre etc).

 

Qu’est-ce qu’il y a d’intéressant à Poitiers (groupes, association, collectif, zines, actions, lieux autogérés, librairies, distros…) ?
Poitiers c’est vraiment un bled ou toute la « raya rock » du coin se connaît depuis des années. Et je crois qu’il y a un truc vraiment bien à Poitiers, c’est qu’il y a pas d’embrouilles de clans (rockers, emo, hardcore, anarko ou riendutout). On se tape des étiquettes et c’est très bien comme ça. Pour la taille du « village » (environ 80000-100000 habitants pour l’agglomération) on a pas à se plaindre des activités et des gens qui se bougent le cul.

Point de vu lieux on a le Confort Moderne qui est un lieu subventionnée, avec salle de concert (700 places), galeries d’expo, bar…Ca va faire presque 20 ans que j’y traîne et bien que se soit devenu une salle de « musiques actuelles » toute pourrie où la programmation ne m’intéresse plus du tout, ça reste un lieu central. Dans la cour du Confort il y a également un resto et un magasin de disque indépendant (Transat) tenu par un copain et des salles de répet.

A l’intérieur des locaux du Confort il y a aussi La Fanzinothèque (www.fanzino.org) qui est un des lieux de ressources les plus importants de France et d’Europe en matière de fanzines (+ organisation d’expo + atelier de sérigraphie). C’est une association également subventionnée dont je suis membre du conseil d’administration. Si vous passez dans le coin venez y, ça vaut le détour. Les gros projets en cour sont le catalogage et la numérisation du fond (et avec plusieurs dizaines de milliers de fanzines il y a du taf en perspective). On commence aussi à penser aux festivités pour l’anniversaire des 20 ans de la Fanzino en 2009 !

Sinon il n’y a pas vraiment de lieux autogérés ou de squats à Poitiers (il y a eu une expérience l’hiver dernier mais aussitôt expulsé). Manque d’énergie, de gens motivés ou peut être parce qu’il y avait déjà des endroits légaux existants où les gens peuvent finalement s’exprimer. Par contre par rapport à il y a 10 ou 15 ans il n’y a quasiment plus d’endroit où organiser de petits concerts et ça c’est vraiment préoccupant. On organise nos concerts dans des bars, mais il va falloir réfléchir à des alternatives.

Point de vue groupes, Poitiers a toujours été depuis une trentaine d’années une ville très rock…pas tellement keuponne ces dernières années il faut le reconnaître mais avec un bon esprit do it yourself en tout cas. Aujourd’hui dans le désordre et en vrac : Myra Lee, MLM, Epileptic, Loisirs, Crash Taste, Naked, Dead Pompidous, Microfilm, et plein d’autres que j’oublie (sorry les copains).

Point de vue collectifs je vais juste faire un coup de projo sur La Machoire dont s’occupe Fabrice de Myra Lee et qui organise des concerts et fait un peu de distro. Jetez un coup d’œil à son blog (http://lamachoire.over-blog.com/).  

 

Et bien je vais m’arrêter là. Merci pour tes réponses et si tu souhaites ajouter quelque chose, c’est le moment !

C’est pas évident de répondre à une (longue) interview par courrier en essayant de ne pas raconter trop de conneries ni d’oubliez de dire des choses importantes. J’espère que je ne t’ai pas trop pris la tête ami lecteur ! Venez découvrir le catalogue de La Pétroleuse sur le site www.la-petroleuse.com et parlez en à vos ami(e)s. Ecrivez moi un mot pour plus d’infos, pour passer commande ou tout simplement dire bonjour mat@la-petroleuse.com.

Be active and have fun ! 

Mathias